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Conférences à Sceaux (janvier à mai)

samedi 8 décembre 2018, par cuf.fournier

Les conférences ont lieu à la salle des garages, le mardi de 15h à 17h

- Mardi 8 janvier

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Anne Amiot-Defontaine, guide conférencière
« De couleurs et d’ombre : l’art de vivre à la cour de Bourgogne »
La Cour de Bourgogne compte parmi les plus flamboyantes cours européennes du XVe siècle. Les Ducs y déploient un luxe magnifique, deviennent mécènes éclairés et favorisent le développement d’un art de vivre raffiné, fait de rituels et de fastes spectaculaires où la couleur tient une place de premier choix, entre ombre et lumière.

- Mardi 15 janvier
Olivier Macaux, docteur ès lettres modernes ; conférencier littéraire
« Céline ou la révolution du roman »
Louis-Ferdinand Céline est avec Proust, l’un des grands romanciers français du XXe siècle. Mais son œuvre, contrairement à celle de Proust, ne se situe pas sous le signe de la mémoire. C’est d’abord une œuvre de rupture qui a révolutionné le roman en radicalisant la démarche réaliste et en créant une langue unique. En effet, dès 1932, avec la parution du Voyage au bout de la nuit, Céline crée le scandale. Ce roman majeur, dominé par les thèmes de la guerre, de la critique de la société industrielle et du malaise existentiel, est porté par une écriture puissante qui introduit la langue populaire au cœur du langage littéraire.
Nous aborderons dans cette conférence les deux premiers romans de Céline
(Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit) sans omettre la période des pamphlets antisémites où la dénonciation du mal s’est transformée en rhétorique du délire et de la haine.

- Mardi 22 janvier
François Romon, professeur émérite de l’Université de Technologie de Compiègne (UTC)
« Les écoutes radio dans la résistance française 1940-1945 »
C’est la première fois qu’une étude historique est publiée sur la résistance menée par les transmetteurs des services techniques, homologuée à la Libération en tant qu’action des Forces françaises combattantes. Ces transmetteurs qui ont intercepté les messages radio de l’occupant allemand sont les précurseurs des « grandes oreilles » de la Direction générale des services extérieurs (DGSE) d’aujourd’hui ; ils ont participé à la création du Centre national d’études des télécommunications (CNET), véritable creuset des technologies de France Télécom.

- Mardi 29 janvier
Pierre Glaudes, agrégé et docteur ès lettres ; professeur de littérature française à Paris-Sorbonne
« Gautier et le fantastique : La Morte amoureuse »
Gautier invente un fantastique paradoxal qui joue avec les poncifs du genre et dessine les contours d’une autre vie possible, où l’imagination est reine. Cette conférence a pour objet de présenter ce fantastique caractéristique de l’âge romantique.

- Mardi 5 février
Virginie Gimaray, historienne de l’art ; diplômée de l’Ecole du Louvre
« Les images cachées dans la peinture »
Arcimboldo et ses portraits composés de fruits et légumes, Dali et ses énigmes visuelles, Degas cachant une femme dans les courbes d’un paysage… Les images cachées dans la peinture sont plus nombreuses qu’il n’y paraît. Cette conférence se propose d’affûter notre regard, de traquer les images composites ou réversibles, les formes cachées ou suggérées, les anamorphoses ou autres effets d’optique. Et de débusquer les pièges que nous ont tendus de facétieux artistes !

- Mardi 12 février
Joël Meunier, chercheur en biologie des insectes
« Le génie des fourmis »
Tout porte à croire que le génie des fourmis est sans limite : organisation complexe de la colonie, diversité architecturale des nids, policiers limitant le comportement égoïste de certains individus ou encore mise en place d’une agriculture complexe. Nous dévoilerons l’exceptionnel mode de vie de ces insectes, leur rôle dans le maintien de la biodiversité et nous jugerons de la pertinence des parallèles souvent mis en avant entre les sociétés des fourmis et celles des humains.

- Mardi 19 février
Marie-Dominique Even, chercheuse au CNRS
« Les évolutions majeures de la Mongolie contemporaine »
Avec l’effondrement du système soviétique en 1990, la Mongolie a connu de grands bouleversements politiques, économiques et sociaux. Malgré les difficultés, le pays a bâti des institutions pluralistes et démocratiques, là où tant d’autres ont à l’époque échoué ou leur ont préféré des régimes autocratiques. Aujourd’hui, il fait face à de nouveaux défis : gérer le changement climatique et la désertification, exploiter sans tomber dans la "malédiction minière" son riche sous-sol, faire revivre les régions qui n’ont pas encore surmonté le choc des années 1990 et ont perdu leur population au profit de l’hyper-capitale Oulan-Bator, garder à une saine distance le voisin chinois, principal mais aussi redoutable partenaire économique qui a transformé en terres chinoises les territoires "autonomes" des Mongols de Chine. Le réveil du bouddhisme, pilier de la culture mongole classique et le retour des chamanes se font aujourd’hui dans un contexte marqué par la diversité religieuse, tandis que les femmes s’efforcent prendre pied sur le terrain politique dans une société où ce domaine est symboliquement réservé aux hommes.

- Mardi 12 mars
Catherine Aubert, gemmologue enseignante
« Vous avez dit... diamant ? »
Le « roi » des pierres précieuses : de la pierre brute extraite des entrailles de la Terre au traditionnel Solitaire, sans oublier les clefs indispensables pour son estimation. Avec un zoom sur l’événement considérable de ces dernières années dans le monde des pierres précieuses : le nouveau diamant canadien.

- Mardi 19 mars
Marie-Dominique Even, chercheuse au CNRS
« Littérature et traditions orales et musicales des Mongols »
Comme beaucoup de peuples nomades, les Mongols ont un riche patrimoine, oral, chanté ou récité, qu’il s’agisse d’épopées, d’hymnes, de bénédictions ou de louanges, de chants longs ou courts, de devinettes ou de jeux de langue. Leurs instruments traditionnels sont à cordes (vièle à tête de cheval ou luth à 4 cordes) mais aussi la guimbarde et le tambour, associés aux chamanes, la flûte ainsi que d’autres instruments témoignant des influences chinoises ou tibétaines, tandis que le chant diphonique connaît un nouveau regain depuis quelques décennies dans le cadre de concerts.
Les mongols préservaient des chroniques et des généalogies de leurs princes, telles que
L’Histoire Secrète des Mongols, à mi-chemin entre épopées et littérature historique. Le rôle majeur joué par le bouddhisme, à compter de la fin du XVIe siècle en particulier, a entraîné le développement d’une nouvelle historiographie et littérature écrite axée sur cette tradition religieuse et ses sources indiennes et tibétaines (parfois même rédigée en langue et en écriture tibétaines). Les monastères ont alors monopolisé le terrain éducatif et l’imprimerie au détriment d’une littérature classique plus locale. Au cours du XXe siècle, durant les premières années d’indépendance (1911-1924), puis sous l’ère communiste (1924-1990) malgré la censure, la culture mongole retrouve un nouvel élan et connaît des formes renouvelées ou inédites. De nos jours, poésie et chant conservent une place importante.

- Mardi 26 mars
Michele Brunelli, professeur d’histoire des relations internationales à l’université de Bergame
« Ici, on fait l’Italie ou on meurt ! ». Le long parcours de l’unité italienne

- Mardi 2 avril
Roland Lehoucq, chercheur en astrophysique au CEA de Saclay
« Enquête scientifique au pays de Tintin »
Où est le temple du Soleil ? Quel jour Tintin a-t-il posé le pied sur la Lune ? Que faisait-il le soir de la découverte de l’Etoile mystérieuse ? Pour répondre à ces questions, il faut se lancer dans une enquête minutieuse, parcourir le Pérou et l’Amérique du Sud, suivre Tintin sur la Lune, arpenter les rues de Bruxelles et interroger l’astrophysique moderne. Les aventures de Tintin seront l’occasion d’une balade scientifique pleine de surprises, ajoutant au plaisir de la lecture les joies de la découverte et de la connaissance.

- Mardi 9 avril
Virginie Gimaray, historienne de l’art ; diplômée de l’Ecole du Louvre
« L’art revisité - parodies, détournements, appropriations »
La Joconde affublée d’une paire de moustaches de Duchamp, la Vénus de Milo dotée de tiroirs à pompons de Dali… Les exemples d’oeuvres célèbres ainsi détournées sont pléthore ! De la citation au clin d’oeil amusé, du pastiche à l’emprunt assumé, les oeuvres ici réunies proposent un dialogue entre artistes, par-delà le passé et le présent, et plaident pour une histoire de l’art sans cesse renouvelée.

- Mardi 16 avril
Jean-Michel Delacomptée, maître de conférence à Paris VIII - Saint-Denis
« Notre Langue Française » (livre)
« C’est désormais l’idiome d’un pays desséché » dit J-M Delacomptée qui signe là un véritable réquisitoire contre l ’écroulement du français, « langue de l’égalité, de l’Etat et de la littérature ». La démission de l’école, la banalisation du livre, la confusion du mineur et du meilleur, l’indifférence au style, le primat du sujet, le renoncement à la beauté, tout cela le met en fureur. Pour lui, la littérature s’éteint, et c’est là cause et conséquence d’un même phénomène : la complète cécité linguistique des Français. « L’âge de la Renaissance s’achève ». Et nul Malherbe, qui enfin vint, ne s’annonce nulle part. (L’Obs, avril 2018)

- Mardi 7 mai
Emmanuelle Pouydebat, directrice de Recherches au CNRS/MNHN
« Des animaux extraordinaires : records et autres curiosités pour survivre »
Le nombre d’espèces animales est actuellement évalué à environ 1 211 612. Elles ont colonisé tous les milieux : terre, eau, montagne, air, hautes altitudes comme profondeurs abyssales, déserts arides comme zones humides ou très froides. De l’éponge à l’éléphant en passant par la coccinelle et l’humain, chaque espèce est unique et toutes partagent des ancêtres communs. A ce titre, les plus anciens fossiles d’animaux semblent dater de – 700 000 millions d’année. Des terriers creusés par des animaux probablement bilatériens sont en effet fossilisés dans le Précambrien et certains groupes comme les méduses sont présents dans la faune d’Ediacara. L’objectif de cette conférence est de vous emmener dans mon pays des merveilles où des lézards marchent sur l’eau, des insectes se prennent pour des fleurs, des oiseaux ne volent pas, des grenouilles revivent et des requins font des bébés tout seul ! Bienvenus dans mon monde où des êtres extraordinaires se nourrissent, séduisent, se soignent, se régénèrent, résistent, se protègent, se défendent, bref, survivent.

- Mardi 14 mai
Frédéric Rantières, chanteur médiéviste
« Dante »

- Mardi 21 mai
Françoise Daucé, professeur à l’EHESS
« La Russie de Poutine »

- Mardi 28 mai
Grégoire Berche, docteur en géographie
« Géographie de l’alimentation »